20 ans sous observation

Mesurer l’impact environnemental et social sur la croissance des enfants. Tel est l’objectif de la grande enquête Elfe (Etude longitudinale française depuis l'enfance) mise en place par les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Pécresse. La méthode ? Jusqu’à l’âge de 20 ans, le suivi de 20 000 enfants nés en 2011, en milieu rural ou zone urbaine : ce qu’ils mangent, comment ils respirent, s’ils développent des allergies, leurs progrès à l’école, etc. En bref, il s’agit de comprendre ce qui perturbe ou au contraire, favorise le développement des enfants au sein de leurs environnements.
Impact des pesticides, impact des ondes, portables ou encore poussières, pollution intérieure et extérieure, alimentation, accès aux soins… Tout sera analysé via cette étude inédite sur la santé de jeunes gens en croissance. « Un programme unique en France, ambitieux par son ampleur et par le nombre de données qu'on recueille », a fait valoir la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Pour participer à l’étude, de jeunes mamans ont été approchées dans l'une des 342 maternités de France tirées au sort pour l'expérience. Dans un premier temps, elles ont fait don d’un peu d’urine et de lait, également, du sang dans le cordon ombilical du bébé. Au bout de deux mois et pendant trois ans, les mères devront répondre à un long questionnaire sur leurs habitudes et leurs conditions de vie. A l’âge de trois ans, un petit test de développement sur ordinateur sera effectué par l’enfant et vers 7 ou 8 ans, un test médical sera proposé (mesures de la fonction respiratoire). Des évaluations scolaires seront réalisées parallèlement.
« L'un des grands objectifs de la cohorte est de voir l'influence de certains polluants, comme les phénols, phtalates, pesticides, sur l'enfant », précise Marie Aline Charles, médecin épidémiologiste pilotant l’étude. Ces polluants, sans conséquence sur la santé des adultes et pourtant très présents dans nos environnements, seraient effectivement susceptibles d’influencer le développement des fœtus et jeunes enfants. Il s’agira donc d’en savoir plus sur ces questions qui font aujourd’hui polémique. Un deuxième « recrutement » d’enfants sera effectué entre le 27 juin et le 4 juillet.
ED.
Bon à savoir :
« La participation Ă l’étude Elfe n’est soumise Ă aucun engagement : chaque parent demeure entièrement libre d’y mettre un terme quand il le souhaite, quelle que soit la raison de sa dĂ©cision. Il en est d’ailleurs de mĂŞme pour les enfants qui, en grandissant, pourraient exprimer leur dĂ©saccord. »Â
www.elfe-france.fr
Crédit photo : Stéphanie Vandentorren







