Apiculture urbaine : le grand buzz !

Publié le 20 avril 2011

C’est le printemps, et comme le savent les passionnés de ruches, c’est aussi la période de pose des « hausses » : elles permettent aux abeilles de stocker leurs réserves de miel, mais aussi d’éviter l’essaimage (départ des abeilles pour former une nouvelle colonie). En zone urbaine, il faut même redoubler d’attention et ne pas hésiter à ajouter hausse sur hausse, car la production de miel est plus importante (3 à 5 fois). Plus importante en ville ? Oui, c’est aussi ce que constate M. Javaudin, apiculteur à Montreuil (Seine-Saint-Denis), avec pas moins de cinq récoltes en 2010. « Les amateurs sont surpris de la qualité du miel de Montreuil en comparaison avec d'autres miels en milieu rural. », voit-on écrit sur le site de la ville. Au point qu’à l’office du tourisme, le stock de miel récolté dans le parc des Beaumonts a été écoulé en deux jours seulement.

200 ruches déclarées à Paris

Comment expliquer ce succès ? Le phénomène est apparu il y a deux à trois ans et brasse indifféremment particuliers et entreprises (les abeilles deviennent vecteur de communication sur le développement durable), tous toqués de butineuses ! Co-auteur de l’ouvrage Ma ruche en ville et photographe des abeilles à travers le monde (www.thehoneygatherers.com), Eric Tourneret explique en quoi les ruches de ville se portent mieux que ses cousines champêtres : « Nos campagnes sont devenues des déserts verts à force de monocultures et d’herbicides ; on fait disparaître une grande partie de la biodiversité et il ne subsiste plus rien de sauvage. » En cela, l’apiculture urbaine met le doigt sur une véritable crise apicole ! Côté ville, les abeilles profitent des fleurs et arbres où pesticides et autres produits chimiques sont généralement exclus, ou en tout cas, en quantités moins importantes. La température urbaine dépasse de 2 à 3 degrés celle des campagnes et les plantes fleurissent sur une saison plus allongée. De cette floraison étendue découlent profusion et meilleure qualité alimentaires pour les abeilles. Autant d’avantages qui rendent l’apiculture urbaine exaltante, provoquant le boom de cours proposés par des associations (Société Centrale d’Apiculture) et d’initiatives pédagogiques (ruchers du parc Georges Brassens, jardin du Luxembourg). Alors que certains collégiens ont la chance d’apprendre à fabriquer des ruches dès le plus jeune âge (école Jean Moulin, Montreuil), de nombreux citoyens sont en demande de terrains, espérant récolter le doucereux or blond. 30 à 50 kg par an, ca ne se refuse pas ! A Paris, le miel contiendrait 19% de pollens d’orangers, de mandariniers ou encore de citronniers dénichés sur les balcons, ce qui en fait un nectar recherché (cher) et atypique. Pour faire taire les a priori, certes la pollution et notamment les gaz d’échappement rendent difficile l’orientation des abeilles, mais celles-ci « vivent plus longtemps et sont plus heureuses », selon Nicolas Géant, apiculteur sur les toits du Grand Palais à Paris (www.nicomiel.com). Entre 30 hectares de zones cultivées, rasées et nourries aux insecticides, et de plus petits espaces urbains, le miel n’est pas plus ou moins sain, mais les abeilles sont bien-portantes. Et c’est bien là l’essentiel pour nos protectrices.

Par Emilie Drugeon

Pour aller plus loin


Voir dans l’article « New York se met au vert », p. 44-47 Nouveau Consommateur numéro 36 : association Bees without borders (abeilles sans frontières)

  Ma ruche en ville, guide d’apiculture urbaine, Nicolas Géant et Eric Tourneret disponible sur internet www.ma-ruche-en-ville.fr, sur commande en librairie et en magasins apicoles. 10 euros, éditions Agrément

Disparition des abeilles, la fin d’un mystère, un film de Natacha Calestrémé. DVD disponible à la vente le 7 juin 2011. Prix de vente indicatif : 15€

 L'ABC du rucher bio, Rémy Bacher, éditions terre vivante, 20€

Egalement, Les abeilles, la planète et le citoyen, Bernard Duran, éditions Rue de l'échiquier, 10€

www.untoitpourlesabeilles.fr
www.ruche-apiculture.com

crédit photo : Eric Tourneret

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