La bataille du schiste

En mars 2010, six permis d’exploitation de gaz de schiste étaient accordés par Jean-Louis Borloo - alors ministre de l’Ecologie et du Développement Durable - à plusieurs sociétés d’extraction, dont Total et l’américain Schuepbach.
Depuis, le mouvement de protestation n’a cessé de gagner de l’ampleur. En 2011, dix mille manifestants se sont réunis le 26 février à Villeneuve-de-Berg (Ardèche), un des sites de prospection. Puis, près de soixante maires ont signé des arrêtés municipaux interdisant l’exploration sur leur circonscription. Enfin, mardi 10 mai, c’est face à l’Assemblée nationale qu’ont manifesté les principales associations de défense de l’environnement (Greenpeace, le Réseau Action Climat, les Amis de la Terre…) et des élus tels Eva Joly ou José Bové.
L'UMP a présenté un projet de loi visant - sous couvert de réglementation - à reporter la question de l'exploitation des gaz de schiste, très controversée dans les rangs de la majorité. La loi, soutenue par M. Borloo, a été adoptée par les députés le mercredi 11 mai. Sans le soutien des principaux partis d’opposition (socialistes et verts), qui souhaitaient une interdiction définitive. Du côté des associations, on dénonce une volte-face du parti majoritaire.
En cause, l’article 2 de la loi qui n’abroge plus les permis d’exploitation comme initialement prévu, mais interdit la technique utilisée de fracturation hydraulique. Et donne deux mois aux sociétés d’extraction pour présenter une alternative. Le député vert Yves Cochet y voit « (…) un tour de passe-passe ». Pour le gouvernement cela permet peut-être de se prémunir contre les dédommagements pouvant être réclamés par les sociétés extractrices. Un enjeu de taille, car près de quatre-vingt millions d’euros auraient déjà été investis. La loi sera examinée par le Sénat le 1er juin.
D.L.D.
Voir Ă ce sujet un extrait du documentaire Gasland de Josh Fox.
Photo les Amis de la Terre







