Bilan carbone : le greenwashing gouvernemental

Le bilan carbone est un outil de mesure des émissions de CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Votée en juin 2010, la loi Grenelle II en fait une obligation légale pour les entreprises et les collectivités. Un an après, le projet de décret d'application de cette loi est actuellement en cours de validation par le Conseil d'Etat. Il indique quelles entreprises sont concernées par la loi, et quel est le niveau de précision du bilan carbone.
Dans sa version initiale, la loi prévoyait que les entreprises de plus de 500 salariés devraient réaliser leur bilan d'ici le 31 décembre 2012, le rendre public, et préciser quelles actions seraient menées pour réduire les émissions. Suite au lobbying d'organisations patronales, le projet de décret s'applique uniquement aux entreprises de plus de 5 000 salariés. Plus inquiétant, ce même décret ramène le périmètre de calcul du bilan carbone aux seules émissions directes, liées à la consommation d'énergie (électricité, chauffage). Ainsi, dans le cas d'un commerce par exemple, les émissions indirectes dues au transport et à la fabrication des produits ne seront pas retenues. Elles représentent pourtant près de 80% du total, selon Jean-Marc Jancovici, consultant à l'origine de la création du bilan carbone.
Moins d'entreprises concernées et un inventaire a minima qui sera loin de la réalité. Ce sont des bilans au rabais qui vont être effectués, selon Rémi Marcus, président de l'Association des Professionnels en Conseil Carbone.
D.L.D.
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