Le cheval éboueur

Des chevaux pour collecter les déchets recyclables ? Ce qui ressemble à une anecdote de fête foraine est déjà expérimenté dans plusieurs dizaines de communes françaises, dont Ris-Orangis (Essonne), Beauvais (Oise), Hazebrouck (Nord), ou encore Pont Sainte Marie (Aube). A la place du camion benne, cheval de trait et carriole font le tour des pâtés de maison, ramassent verre, carton, et autres recyclables, et enchantent bien sur les enfants citadins. Mais l’idée est-elle viable ?
Loin d’être cantonnée à une poignée d’élus écolos, le modèle économique est suivi de près par des sociétés spécialisées comme Veolia ou Sita-Suez. Les tests, réalisés sur plusieurs mois, montrent que le « cheval éboueur » implique quelques investissements ; la carriole doit être conçue exprès, pour peser le moins possible, et permettre au bourrin de concurrencer les chevaux vapeurs du camion benne. De plus, si la remorque de l’hippomobile n’est pas spécialement équipée, la collecte peut s’avérer très bruyante. Surtout, ce système, adapté pour de courts trajets urbains, ne peut se substituer aux camions sur les routes nationales, vers les centres de tri. Enfin, il y a de nouveaux coûts, comme les soins à l’animal, en revanche, le système permet des économies sur l’essence ou le camion.
Au final, il semble possible d’équilibrer le budget et « le projet peut devenir industriel » estime Didier Tiberghien, président du SMICTOM1 des Flandres. D’autant plus qu’il correspond à la logique de préservation de l’environnement affichée par les collectivités. Le « cheval éboueur », représenterait 16 000 litres d’essence de moins par an. Et permettrait même d’augmenter les volumes recyclés grâce à l’élan de sympathie qu’il déclenche.
D.L.D.
1 Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères
Crédit photo: AFP







