"Financer l'avenir sans creuser la dette"

Après avoir travaillé un an sur le sujet, les économistes de la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH, ex fondation Nicolas Hulot) ont rendu public « Financer l’avenir sans creuser la dette », une proposition de plan permettant à l’Etat d’emprunter auprès de la Banque Centrale Européenne, à un taux nul ou très faible. Les fonds (600 milliards d’euros sur 10 ans) seraient ensuite gérés par une agence publique d’investissement et utilisés pour : améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments anciens et contrôler la construction du neuf, lutter contre l’érosion de la biodiversité, ou encore investir dans une agriculture respectueuse de l’environnement.
Au-delà des créations d’emplois et bénéfices sociaux, Alain Grandjean, économiste coordinateur de la proposition, y voit un symbole « (…) de sens et d’avenir.» Des investissements massifs sont nécessaires pour « sortir des difficultés économiques actuelles et [poser] les fondations d’un nouveau modèle macro-économique (…) d’une société adaptée aux atouts et contraintes du XXIème siècle. » Il s’agit d’investissements à long terme et peu rémunérateurs, ce qui exclut a priori la participation du secteur privé. Cette proposition rendrait possible une action déterminante de l’Etat, malgré des déficits publiques s’élevant déjà à 7.1% du PIB.
Séduisant sur le papier, le plan se heurte à plusieurs obstacles ; il est contraire à l’actuel Traité de Lisbonne et devrait donc être débattu et adopté par les pays de l’Union Européenne. De plus, certains économistes pointent les risques d’inflation et d’affaiblissement de l’euro qu’il pourrait entrainer. Au moins a-t-il le mérite de contribuer à faire vivre le débat sur la monnaie.
D.L.D.







