La Grande muraille verte

On croirait presque à un scénario de science-fiction. Pour contrer la désertification du Sahel, les pays de l’Afrique sub-saharienne ont conçu « un projet fou », selon les mots du président sénégalais Abdoulaye Wade. Une muraille plantée de 7 600 km de long, et 15 km de large, traversant onze pays d’Afrique d’Est en Ouest.
A l’origine, le constat que 37% des terres du continent sont déjà des zones arides ou semi-arides, et que la dégradation du Sahel progresse chaque année. En sélectionnant des espèces adaptées aux conditions climatiques - comme les acacias - le projet veut arrêter la désertification de la région, puis revaloriser le Sahel en permettant de nouveau l’agriculture et l’élevage sur les terres habitées. Et ainsi "fixer" les populations, pour lutter contre l’émigration qui dévaste ces pays. Initié en 2005, suivant la proposition de l’ancien président nigérian Olusegun Obasonjo, la muraille a entamé sa construction depuis 2008 sous l’égide de l’Union Africaine. Au Sénégal, pays le plus avancé, elle court sur 535 km, pour 15 000 hectares de superficie.
Plusieurs questions restent en suspens sur la réalisation possible de ce projet pharaonique. Le financement : très couteux (parfois estimé à un milliard d’euros), le budget est un défi sérieux pour des pays dont la situation économique n’est pas florissante (Tchad, Erythrée). Et les cent millions d’euros d’aide que devrait apporter le Fond pour l’Environnement Mondial ne résoudront pas tout. L'instabilité politique des pays que traverse la muraille est également un obstacle potentiel (Soudan, Nigeria, Ethiopie). Enfin certains alertent sur des dangers sanitaires, comme le retour du paludisme dans les zones plantées.
D.L.D.
Voir le rapport du CSFD.
Image NASA-MODIS







