Les jardins partagés, ou comment recréer du lien social

Publié le 27 juillet 2011

Les jardins partagés sont de plus en plus nombreux au cœur des principales villes de France comme Paris, Lille, Toulouse, Lyon, Brest...

Ce qui caractérise un jardin partagé c’est le fait qu’il soit conçu, géré et aménagé par les habitants d’un même lieu. Urbaines ou rurales, ces parcelles partagées permettent à la fois une réappropriation par le citoyen de son environnement, de renforcer le lien social entre voisins, d’appliquer les valeurs de développement durable au quotidien et sont parfois même un moyen de réinsertion sociale pour des personnes en difficulté. Si elle connaît une croissance significative depuis plusieurs années, cette pratique ne date pourtant pas d’hier. Dès le Moyen Âge, les villageois se réunissaient sur des terres communes pour jardiner. Ce phénomène prit de l’ampleur également à la fin du XIXème siècle avec les jardins ouvriers déjà considérés comme un moyen d’améliorer les conditions de vie des ouvriers en leur procurant un équilibre social et une autosubsistance alimentaire. En 1943, Eleanor Roosevelt, alors première dame des Etats Unis, planta son « jardin de la victoire » à la Maison Blanche afin d’encourager le peuple à utiliser le jardinage pour subsister à ses besoins en temps de rationnement.

Jardins en réseau

Les «jardins partagés » (aussi appelés « jardins communautaires ») tels qu’on les connaît aujourd’hui datent des années 1970. En France, c’est à Lille qu’est apparu le premier « jardin communautaire » en 1997, inspiré des « community gardens » de New York nés à la fin des années 1970. A cette époque, des animateurs sociaux, militants et jardiniers s’intéressent à ces pratiques d’appropriation collective. La même année, le réseau informel Jardin dans Tous Ses Etats (JTSE) voit le jour. National, il vise à favoriser l’émergence de jardins partagés partout en France et rassemble pour cela une dizaine de structures régionales. Selon Eric Prédine, co-fondateur du réseau, il existe actuellement partout en France plusieurs milliers de jardins partagés. Il affirme que les objectifs de ces jardins sont multiples et sont à l’image des habitants qui les ont créés. Le point commun entre un jardin « bobo » et un jardin populaire réside dans ce renforcement du lien social entre habitants d’un même quartier. Selon lui, les jardins partagés sont souvent plus productifs dans les milieux populaires et répondent à une demande de bien être alimentaire. D’autres jardins ont des visées plus ornementales ou pédagogiques pour que petits et grands apprennent ou réapprennent à connaître la nature. Le jardin partagé répond également à une volonté de traçabilité des fruits et légumes consommés. Quant aux jardins d’insertion, il en existe deux types qui peuvent être partagés ou non : ceux dont l’objectif n’est pas la productivité mais plutôt un retour sur soi et une meilleure insertion sociale en passant par le jardinage, et d’autres comme les jardins de Cocagne dont l’objectif est de permettre une insertion professionnelle par les métiers du jardinage.

 

Capucine SAEZ

 

Pour aller plus loin :

http://jardinpotagerurbain.wordpress.com/

Liste des jardins partagés et d’insertion d’Ile de France :

http://www.jardinons-ensemble.org/spip.php?page=annuaire_liste&id_article=696

Pour trouver un jardin près de chez vous :

http://jardins.wordpress.com/

 

  Jardins partagés, Utopie, écologie, conseils pratiques de Laurence Baudelet , Frédérique Basset , Alice Le Roy, ed.Terre vivante, 2008

 

 

 

   La guérilla jardinière, de Richard Reynolds, Editions Yves Michel, Collection ; Société civile, mars 2010

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