Des porcs et des canards à la place des chevaux vapeur

A chaque région sa spécialité : en Dordogne il y a le canard, en Bretagne le cochon, et en Louisiane (Etats-Unis)… l’alligator. Trois animaux d'élevage bien différents, mais qui ont au moins un point commun : leur graisse peut servir à produire carburant ou électricité. Ainsi en Ille-et-Vilaine (Bretagne), plusieurs bâtiments industriels produisant de l’andouille sont chauffés de cette façon. Et du côté de l’Aquitaine ou de la Louisiane, des tracteurs sont propulsés aux carburants... alternatifs.
Ces pratiques, qui rappellent des temps anciens où l’on s’éclairait à l’huile animale, présentent des avantages importants pour la protection environnementale. D'une part, elles permettent de recycler des graisses qui seraient sinon envoyées à la décharge. En Dordogne, cela représente un volume théorique de 1 000 à 1 500 tonnes par an. D'autre part, elles fonctionnent en circuit court, le biocarburant étant généralement produit et utilisé localement. Pour Jules Charmoy, éleveur de vaches, et membre de la Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) qui a lancé le projet en Aquitaine, « [la] démarche n’est pas économique mais éthique ».
Ces initiatives ne prétendent pas remplacer le pétrole ou le nucléaire. Il s’agit de recyclage, donc de ressources limitées, et les coûts de production sont importants. De plus des études doivent encore être menées pour évaluer leur impact environnemental réel. Mais développer des solutions locales dans un esprit d’optimisation des ressources est une démarche qui, elle, pourrait bien incarner l’avenir.
D.L.D.







