Roulez avec des restes !

Publié le 2 aoĂ»t 2011

Rouler grâce aux feuilles mortes et restes de nourriture : c’est désormais possible pour certains bus de la métropole lilloise. Le 17 juin 2011, le centre de valorisation organique de Séquedin (CVO) injectait pour la première fois en France du biométhane dans le réseau GrDF, filiale de GDF-Suez.

Le procédé est simple. Le CVO récupère les déchets organiques de la communauté urbaine de Lille (nourriture, pelouse, feuilles mortes, etc). Ces déchets sont confinés plusieurs semaines dans une enceinté close. Cette maturation crée un élément solide, du compost, et un élément gazeux, du méthane. Le compost pour les agriculteurs. Et le biométhane pour les bus. Une pierre, deux coups. Le CVO peut traiter 108 000 tonnes de déchets par an et produire 4 millions de m³ de gaz. Avec, la métropole lilloise ambitionne de faire rouler une centaine de bus de sa flotte d’ici 2013. Pas encore la totalité, puisque pour faire tourner tous ses bus, l’exploitant du réseau de transport, Transpole, aurait besoin de 16 millions de m³ de gaz.

A l’autre bout du monde, aux Emirats arabes unis, Mc Donald’s vient de s’engager à faire rouler ses camions avec de… l’huile de friture. La chaîne de fast-food s’est associée à la société Neutral Fuels, basée à Dubaï, qui produit chaque année 1 million de tonnes de biocarburant. L’initiative n’est pas nouvelle. Elle est pratiquée par Mc Donald’s en Autriche depuis 2002. Et plus récemment en Grande Bretagne et en Suisse.

De l’huile de friture dans des camions. Et pourquoi pas dans des avions ? Air France-KLM a annoncé qu’en septembre une centaine de vols Paris-Amsterdam seront pour moitié alimentés d’huile de friture recyclée. La compagnie Finnair, elle, est déjà passée à l’acte. Le 20 juillet, un avion a relié Amsterdam à Helsinki avec 50% de carburants d’huiles recyclés. Pas de liaison permanente pour le moment. La raison ? « Les biocarburants coûtent le double d’un carburant classique. Ils ne sont toujours pas viables pour les compagnies aériennes,» s’explique Finnair dans un communiqué de presse. Au passage, la compagne critique ses concurrents usagers de biocarburants qui accélèrent la déforestation et freinent la production alimentaire. Huile de friture, feuilles mortes… Les carburants classiques ont trouvé des concurrents insoupçonnés.

Aziz Oguz et Clémentine Méténier

Photo de Lachlan Hardy (profil Flickr)

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