Skier écolo : les stations se mettent au vert

Publié le 30 janvier 2012

A la montagne aussi, on surfe sur la tendance développement durable. Transports, consommation d’énergie, activités du village, les stations font de plus en plus d’efforts pour passer à un tourisme durable et responsable. Suivez le guide !

Depuis 6 ans, l’association Mountain Riders publie l’écoguide des stations de montagnes, un guide répertoriant les stations et leurs initiatives durables en fonction de sept grandes thématiques (transport, énergie, déchets, social, territoires, aménagement et eau) à travers l’attribution de pictogrammes. « Notre but n’est pas de fustiger les mauvais élèves, mais plutôt de donner une information au consommateur sur les bonnes initiatives des stations, précise Camille Rey-Gorrez de Mountain Riders. Il s’agit d’un auto-diagnostic, seules les stations qui répondent au questionnaire sont classées. » Soit environ 90 pour cette 6e édition. A titre d’exemples, l’association mentionne les expériences de Châtel et son système de tri performant, de Morzine, des 2 Alpes et des Houches pour la réduction de l’impact de leurs transports ou encore des Ménuires et de Val-Thorens pour leurs actions d’incitation à la construction de bâtiments écologiques, et à la rénovation des anciens. 

Une charte pour les stations

En parallèle, l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne (ANMSM) a créé en 2007 une charte développement durable en collaboration avec les Domaines Skiables de France (DSF), l’Ademe et Mountain Riders. Cette charte s’articule autour de huit plans d’action et 130 engagements, et rassemble quelque 50 communes signataires sur les 106 villages que compte l’association. Les efforts se concentrent en particulier sur le transport et l’énergie, qui représentent respectivement 60 % et 30 % des émissions de CO2 selon un audit réalisé en 2010 par l’ANMSM. Limitation de l’empreinte carbone donc, mais pas que. La charte revêt aussi un caractère plus global en terme de développement durable, en prenant en compte des critères sociaux et d’authenticité : « Les touristes y sont très attentifs, ils veulent consommer du local et avoir une ambiance chaleureuse au sein du village, note Guy Vaxelaire. Cela passe aussi par l’accueil des saisonniers et leur fidélisation ». Les exemples de Courchevel ou de la station de Piau Engaly dans les Pyrénées sont significatifs, avec des logements communaux réservés aux saisonniers et plusieurs réductions qui leur sont accordées sur diverses prestations (forfaits de ski, commerces, etc.).

Bientôt un label ?

Un écoguide associatif, une charte engagée, mais pas encore de véritable cahier des charges certifié, qui induirait la création d’un label. « Nous y travaillons, affirme Camille Rey-Gorrez de Mountain Riders. Pour l’hiver 2013, nous aimerions lancer le label flocon vert. On ne se basera plus simplement sur des initiatives positives. Les exigences seront montées d’un cran » avec notamment l’audit par une agence certifiée. Le concept d’un label, l’ANMSM n’a rien contre, mais temporise tout de même : « Nous en discutons, modère Guy Vaxelaire, mais ce n’est pas une fin en soi. Toutes les stations n’ont pas la même capacité d’adaptation. Et puis, nous craignons que le label soit utilisé comme un outil marketing et que les stations s’en servent pour faire du greenwashing ! » Label ou pas, greenwashing ou véritable politique engagée, la prise de conscience semble globale, même si le balisage pour un tourisme plus écolo n’en est qu’à ses prémices.

Thomas Roure

L'écoguide de Mountain Riders

La charte DD de l'ANMSM

Je m'abonne