Locavore en toute saison

Le concept locavore prône une alimentation provenant exclusivement de producteurs se trouvant à moins de 160 km de son domicile. Cette démarche responsable limite considérablement l’empreinte carbone et s’adapte parfaitement à l’hiver. Pour tenir jusqu’au printemps sans renoncer à vous faire plaisir, suivez le guide !
« Je pense global, je mange local ». Tel est la devise du locavorisme, concept tout droit venu des Etats-Unis, qui tend à devenir un phénomène de société en France. Et pour cause, les bienfaits liés à une consommation locavore sont multiples : bon pour la santé (rien ne vaut un produit frais et de saison), bon pour l’économie locale et pour votre porte-monnaie, puisque l’on passe par des circuits courts donc moins coûteux, et bien sûr, bon pour la planète : moins de transport, donc moins de gaz à effet de serre !
Faites-vous plaisir mĂŞme en hiver
Consommer locavore s’accompagne toutefois de quelques contraintes : n’espérez pas croquer dans une fraise ou une pêche avant le mois de juin, et vous patienterez jusqu’à mai pour savourer une « tomate-mozza ». Un mal pour un bien, puisque vous renouerez avec les traditions culinaires de vos ancêtres : à l’envi, vous consommerez des soupes de poireaux et pommes de terre, des salades d’endives aux pommes et noix, des épinards, des navets, du céleri rave, des choux, etc. Choux rouge confits aux pommes, salade de radis noir, tarte de poireaux au caramel épicé, des idées de recettes vous sont proposées ici.
Pour les fruits, peu sont consommables en hiver excepté les pommes. Une astuce : pensez à congeler ou à stocker certains fruits estivaux. Poires, raisins, pêches ou encore abricots peuvent se consommer toute l’année s’ils sont bien conservés (tout sur le stockage des fruits en hiver ici). Pour les épicuriens adeptes de douceur, plusieurs recettes hivernales et responsables sont à découvrir : biscuits au gruau et au miel, biscuits au miel de verge d'or, croquants aux pommes et au miel, gâteau aux betteraves et chocolat, tarte à la citrouille (ou tout autre courge d’hiver), etc.
Livraison Ă domicile
Sur la Toile, on trouve une multitude de sites prônant la locavore attitude. Pas toujours simple de s’y contraindre, et surtout, pas forcément le temps. Certains producteurs proposent ainsi de livrer chaque semaine des paniers bio et de saison à domicile. Pour une dizaine d’euros en moyenne, voire plus selon les envies et les disponibilités, on peut préparer ses menus pour la semaine. Le site du réseau Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) vous permettra de localiser le paysan bio le plus proche. A voir également, le site www.mon-panier-bio.com, www.lepanierlocavore.com et www.paysans.fr.
Locavore vs distavore
En marge du mouvement locavore, les « anti » donnent aussi de la voix. On les appelle les « distavores ». Leur discours : le concept locavore n’est qu’une mode et qui plus est, peu réaliste. Par ailleurs, certains affirment que se nourrir exclusivement de produits locaux, parfois issus d’une culture intensive et non bio, est plus néfaste que de choisir un fruit qui a voyagé 4000 km, mais labellisé bio et issu du commerce équitable. C’est oublier que de plus en plus de petits producteurs locaux sont passés au bio, comme par exemple les Amap. Autre argument des distavores, de taille pour les gourmands: pas toujours envie de faire l’impasse sur un carré de chocolat, une tranche d’ananas ou un café colombien… A vous de voir. Le débat est lancé, et c’est déjà une bonne chose.
Thomas Roure
A lire : "Manger local, s’approvisionner et produire ensemble"
De Lionel Astruc et Cécile Cros. (prix : 19 euros)
Paru en octobre 2011 aux éditions Actes Sud en coédition avec Colibris, collection "Domaine du Possible".
Cet ouvrage propose vingt-six initiatives qui reposent sur des expériences vécues, réussies et facilement reproductibles, une liste de conseils pratiques et un annuaire très fourni permettant au lecteur de poursuivre sa réflexion pour s'engager localement.







