18 milliards...
C'est le montant de la facture énergétique annuelle que les automobilistes européens pourraient payer d'ici à 2020, selon une étude publiée jeudi 2 février par les ONG Action Aid et Les Amis de la Terre. Le litre de bioéthanol devrait coûter 19 à 41 centimes de plus qu'un carburant classique en 2020.
Cette estimation se base sur les objectifs de l'Union européenne en matière de biocarburants, qui vise les 10 % de part d'énergies renouvelables dans les transports, une proportion envisagée grâce aux biocarburants principalement.
Actuellement, les biocarburants représentent 4,7% de l'énergie utilisée dans les transports en Europe. Les ONG dénoncent leur inefficacité en matière de réduction d'émissions de CO2 et leur responsabilité dans la hausse des prix des matières premières agricoles. Sans compter la surexploitation de certaines terres arables au détriment des populations locales (en Afrique notamment).
Pour Laura Sullivan, d'Action Aid, "les décideurs européens doivent revenir sur leurs objectifs et les subventions aux biocarburants, et investir dans des solutions efficaces pour réduire le carbone", car "les biocarburants européens ne réduisent pas les émissions et conduisent davantage de gens à la famine".
Affirmation que conteste la Commission européenne, pour qui le recours au biocarburants permettra de réduire de 21 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Quant au prix des denrées alimentaires, la commission estime que l'impact sera limité, à savoir de l'ordre de 3 à 6 % pour les céréales et de 8 à 10 % pour le colza par rapport à 2006. Elle n'a néanmoins pas réagi sur le risque de spéculation foncière, étroitement lié au risque de famine, qu'engendrerait cette nouvelle manne énergétique.
T.R. (source AFP)







